lundi 2 mai 2016

Attends une minute!

 
Dernièrement, j’ai eu le plaisir d’aller faire les boutiques avec mon fils et ma petite-fille âgée de deux ans. Ayant vécu dans un environnement totalement masculin (trois frères, un fils et un petit-fils), j’étais plutôt habituée à un magasinage dit « expéditif ». Avec la petite demoiselle, ce fut différent : j’avais l’impression d’être le sujet de Sa Majesté. J’attendais son hochement de tête ou son refus pour les vêtements que je lui proposais. De plus, voilà que je découvrais un univers absolument fascinant (univers qui m’avait été refusé puisque, trente ans plus tôt, j’avais donné naissance à un garçon): rubans et pinces pour les cheveux, bracelets et colliers, parapluies, petites bottes de pluie, maillots de bain une pièce et deux pièces, robes, cache-cœurs, fichus, chapeaux à large bord, etc.  Bref, tant de petites choses qui attirent l’œil d’une princesse en devenir.
 
Pendant nos pérégrinations, je découvrais ma petite Lili autrement et en même temps, je retrouvais une phrase que j’avais oubliée sous une épaisse couche de poussière...
 
«Attends une minute!»
 
Et dans la bouche de la mignonne, ça sonnait ainsi : « Attends oune minoute! »
(Trop «cute», vraiment!)
 
À cet instant, j’ai vite compris pourquoi j’avais rangé si précieusement et de façon si inaccessible ce souvenir.
 
Le temps est relatif. «Comme vous aviez raison, Monsieur Einstein!»
 
Pour Lili, « oune minoute » représentait probablement une seconde ou deux, tout au plus. Mais pour moi, c’était l’équivalent d’une éternité. Lorsque, accroupi (par marque de déférence à l’égard de Son Altesse), on attend avec le vêtement entre les mains que madame la Marquise daigne s’approcher pour essayer ledit vêtement, je vous assure que cette minute s’apparente à une heure.
 
Et pendant que la belle furetait du côté des maillots de bain, replaçant au passage les cintres et les vêtements, je songeais à ma jeunesse. Combien de fois avais-je utilisé cette expression? Des millions de fois! Et comme je n’étais pas la seule à la maison à l’utiliser (vous vous rappelez? J’ai trois frères!), je me suis demandé comment mes parents avaient survécu à tout ce temps d’attente.
 
Aujourd’hui, ils ont les cheveux blancs… Ça explique bien des choses.
 
— Viens finir tes devoirs!
 
— Minute!!!
 
— Viens essuyer la vaisselle!
 
— Dans une minute!!!
 
— Va te coucher!
 
— Oui, oui, le film finit dans une minute!!!
 
Et c’est drôle, on le savait qu’en disant une minute, cela en prendrait dix, quinze, voire vingt minutes. On était loin de l’effet « Wow! » qui s’opère à l’inverse : on annonce dix minutes d’attente et, ô surprise, le service est rendu au bout de trois minutes.
 
C’est comme dans les films : la bombe doit être désamorcée, et il ne reste qu’une minute avant qu’elle n’explose. Eh bien, ces soixante secondes durent au bas mot, cinq minutes! Alors, pourquoi ne pas mettre le chrono à cinq? Ce serait plus réaliste et moins… relatif!
 
Une minute passe vite pour celui qui éprouve du plaisir. Et beaucoup plus lentement pour celui qui n’en a pas. C’est connu. Ce n’est pas pour demain matin que le « Attends une minute! » va disparaître de notre bouche et de celle de nos enfants. Alors aussi bien s’y faire et prendre ce temps d’attente avec légèreté.
 
Bon, c’est maintenant le temps d’un savoureux café. Mais avant, j’ai un article à écrire. Attendez-moi, ce ne sera pas long. À peine une minute
 
Bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)

mardi 26 avril 2016

Un retour en toute sérénité





Mes chers amis,

Me voilà enfin de retour! Comme je suis contente!
 
Eh oui, je l’avoue, l’absence fut longue, presque interminable. Les heures, les jours s’écoulaient tantôt avec une lenteur extraordinaire, tantôt à la vitesse d’une Formule 1 lors des qualifications. Selon ce que je vivais, je me sentais à la fois le lièvre et la tortue de la fable populaire.
 
Ce temps de retraite a été bien involontaire de ma part (un instant… je dois préciser ce point: ce fut volontaire,  car c’est bel et bien moi qui ai décidé de cesser, durant un moment, d’alimenter mon blogue, mais involontaire dans le sens où j’aurais aimé poursuivre l’écriture de billets durant mon travail de correction du tome 2). Cette pause, loin d’être de tout repos, m’a montré du bout du doigt mes limites. «Quoi? J’ai ça des limites? Voyons donc! Des limites, c’est bon pour les moteurs, les territoires, les panneaux routiers, mais non pas pour les audacieux!»
 
Est-ce que je vous l’ai déjà dit? Probablement pas. Ce sont ces choses que je garde pour moi. D’ordinaire. Bon eh bien, notez ceci, car cela en vaut la peine : je n’aime pas me tromper!  Et ne me dites pas que je suis la seule sur cette planète à croire que mes pensées sont justes et qu’elles valent la peine que je les défende bec et ongles.  Non, je ne suis pas LA seule… N’essayez même pas; je le sais!
 
Bref, je m’étais trompée : j’avais des limites. En fait, je les ai trouvées. Je devrais plutôt dire : elles m’ont trouvée. Oh oui! Probablement en faisant des recherches sur Google ou sur Facebook ou encore en subtilisant une des listes d’envoi de Bell Canada (c’est fou comme le marketing est efficace dans cette boîte-là! On nous trouve même lorsque nous-mêmes n’arrivons pas à nous retrouver! Voilà un mystère qui mérite qu’on s’y attarde… Mais bon, pas aujourd’hui). Rapidement, voulez-vous savoir quel effet cela a produit sur moi le fait de me faire embrasser par mes propres limites? Non, ne rêvez pas ; ce n’était pas un baiser tendre, mouillé, savoureux et fondant. Encore moins celui qui vous transporte haut dans les airs et vous laisse retomber en chute libre pour vous reprendre encore et encore. C’était plutôt un baiser brutal, exigeant et vorace, presque un avertissement que la prochaine fois, on partirait avec le morceau. Outch!!!
 
J’ai réalisé que si je voulais continuer d’écrire, d’avoir du plaisir avec ma créativité, d’être la plume pour Dame l’Inspiration, je devais aussi me reposer. Certes, j’aurais pu me lancer dans des activités stimulantes (et épuisantes) qui m’auraient fait oublier la fatigue. Cependant, j’ai décidé d’accueillir cet état non pas comme une faiblesse, mais plutôt comme une mise en garde que mon corps me formulait gentiment: « Si tu vas au-delà, je ne pourrai plus prendre soin de toi. »
 
C’est beau, n’est-ce pas?
 
Au lieu de me voir limitée, je me voyais libre de choisir entre brûler le moteur et ménager sa mécanique. De plus, je réalisais que je comptais pour quelqu’un c’est-à-dire moi-même. Je valais suffisamment la peine pour que je puisse faire l’effort de prendre soin de mon corps et de ma tête. D’abord pour moi-même afin de continuer à savourer chaque ligne d’écriture, chaque lever et coucher de soleil. Ensuite pour les autres.
 
La vie est simple après tout : on fait ce que l’on veut et de la façon dont on le veut. Les limites ont toujours été là. On peut, certes, les repousser, mais on ne pourra pas les effacer.
 
Jamais.
 
Les limites sont là pour prendre soin de nous.
 
Nous sommes mardi matin. C’est le moment de prendre un bon café ensemble. (Au fait où étais-je hier? Je me reposais sur mes lauriers. Et comme je n’avais aucune idée où trouver des lauriers, eh bien, j’ai passé la journée à les chercher, à prendre un café, à regarder les nuages se déplacer dans le ciel et puis je les ai enfin trouvés. Ils étaient non pas sur la tête de César, mais à l’épicerie dans un pot si minuscule que je me suis demandé comment je ferais pour m’y reposer sans trouver cela totalement inconfortable.) Bref, j’aimerais vous inviter à prendre le temps de reconnaître vos limites et de les respecter comme étant une frontière bienveillante qui veut votre bien en vous indiquant que passé cette ligne, vous jouez à pile ou face avec ce qui vous tient à cœur.
 
Bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)
 
P.-S. Et si l’envie de vous reposer vous prenait, oubliez les lauriers et choisissez… le canapé!

jeudi 10 mars 2016

La Divine Providence à la télé

Voici le lien de l'entrevue réalisée par Claudia Lalancette à la Télévision Régionale des Moulins. Merci à Claudia et à sa formidable équipe! Quel privilège d'avoir partagé le plateau avec une grande dame!
 
À l'émission Culture Hebdo du 2 mars dernier, on parle de La Divine Providence. (Entrevue avec Jocelyne Gagné, auteure et blogueuse.)
 
Bon visionnement!
 
Jocelyne xo
 
Note: Glissez la souris sur l'image pour faire apparaître la flèche de mise en route. Si vous souhaitez regarder uniquement l'entrevue, déplacez le curseur de temps jusqu'à 8:15.
 
 

dimanche 28 février 2016

Une petite pause pour une plus grande efficacité

Chers amis,
 
J'aimerais bien retrouver mes chaussettes et la chaleur du bois qui brûle...
J'aimerais bien savourer un bon café, la tête dans les nuages...
J'aimerais bien me glisser sous les couvertures et tourner le dos aux caprices de l'hiver...
J'aimerais bien écouter mon coeur et prendre du temps pour moi...
Oui j'aimerais bien...
Mais pas tout de suite.
 
Ce ne sera pas des vacances, je le crains. Mon deuxième livre est terminé. Et là, je suis en pleine relecture... La concentration est de mise. Alors pardonnez-moi cette absence. Je le fais tout d'abord pour moi (pour maximiser mes efforts), ensuite pour vous afin de vous livrer le meilleur livre qui soit.
 
On se retrouve donc le mardi 26 avril 2016 devant un savoureux café.
 
D'ici-là, je vous garde une place bien au chaud dans mon coeur.
 
Jocelyne xo
 
 
 
 
 
 

lundi 22 février 2016

Moins c’est clair, plus c’est flou!

Dans le couple, il y a des règles assez claires : je fais ceci, tu fais cela, et ce, selon les talents ou la disponibilité de chacun. Jusque-là, ça va. Mais il y a des tâches qui reviennent à l’un ou à l’autre sans qu’il y ait entente préétablie. Qui produit les déclarations fiscales, fait le ménage du printemps, s’occupe de magasiner les assureurs et de prendre les rendez-vous chez le dentiste, le médecin, le garagiste, etc.? Ces obligations qui reviennent une ou plusieurs fois dans l’année incombent non pas à celui qui souhaite s’en occuper, mais bien à celui qui veut que ça se fasse afin de pouvoir passer à autre chose.
 
À la longue, celui qui hérite de tout finit par en avoir sa claque. Et s’il exprime son exaspération, on lui reprochera qu’il avait juste à ne pas en faire autant…
 
Misère.
 
Souvent, le conflit s’installe quand les charges sont mal réparties. Et elles le sont la plupart du temps.
 
Évidemment, on ne peut pas s’asseoir et affecter les tâches (ou responsabilités) tout d’un bloc lorsqu’on emménage ensemble. La répartition se fait sans qu’on ait à négocier. Je fais le lavage, pourrais-tu m’aider avec le lave-vaisselle? Cela va de soi. D’ailleurs, on est si heureux de s’entraider. Et si l’autre est débordé, alors on prend les bouchées doubles afin que notre partenaire puisse souffler un peu. Après? C’est là que ça fait mal. L’autre oublie rapidement sa collaboration; cette participation qui nous était si précieuse. Son travail prend de plus en plus de place, tellement que, tout nous retombe sur les bras.
 
Et puis, avec les années, on a tellement bien géré l’ingérable, le difficile-et-compliqué, le pas-drôle-à-faire, qu’on compte encore sur nous puisque nous avons maintenant tellement d’expérience à notre actif. Mon avis? Ce n’est pas honnête!
 
Permettez-moi d’imager mon propos : par un beau matin du mois de juin, vous décidez d’aller cueillir des fraises, car vous aimez ces petits fruits rouges. Après avoir passé deux heures accroupi dans les rangs à vous battre contre les bibittes qui vous escaladent dans le but d’aller planter leur joli drapeau dans le gras de vos fesses (et contre celles aussi qui tentent de vous pomper le sang derrière l’oreille), vous rentrez à la maison, le coffre arrière de l’auto rempli de paniers de fraises qui serviront à faire des tartes, des confitures, en somme, des réserves pour l’hiver. L’année suivante, étonnamment, on vous demande si vous seriez enclin à y retourner. Bien sûr! Si ça peut faire plaisir! Et là, sans le savoir, on vient de vous attribuer cette mission à vie. Inconsciemment, bien entendu. Vous avez, comme qui dirait, créé un précédent qui vous liera à cette obligation. Et pour vous en défaire, vous devrez être un fin stratège, car l’autre aura un avantage sur vous : il n’a pas l’expérience, vous si : vous êtes devenu(e) si efficace, si serviable et si tout-ce-que-vous-voulez-pourvu-que-vous-le-fassiez… Pauvre de vous! Vous ne vous en sortirez pas avec de jolies courbettes. Désolée!
 
Ne croyez pas que je m’acharne à brosser un tableau pessimiste de la vie de couple, loin de là. Je ne fais que constater cet état de fait présent dans beaucoup de relations. Et j’aimerais – en toute sincérité – renverser cette tendance qui pèse trop souvent sur les épaules de l’un des deux conjoints.
 
On pourrait croire qu’il y a dans le couple celui qui prend les devants et l’autre qui se fie. Peut-être… Je préfère croire que nous avons des forces et des compétences dans des champs d’activités différents. C’est ce qu’on appelle la complémentarité. Et je dirais qu’il y a même plus. Je soupçonne la présence d’un élément qui influence de façon significative la vie de couple, c’est-à-dire le désir absolu de rendre la vie agréable à l’autre. Donc, au lieu de se fier ou de tout prendre sur leurs épaules, les conjoints devraient s’entraider en alternance. Et pour ces tâches qui reviennent de façon cyclique, chacun pourrait se donner comme objectif d’apprendre à les faire. Non, ce n’est pas trop long à apprendre ou à montrer. Du moins, pas plus long qu’une bonne dispute ou une réconciliation qui tarde à venir.
 
Je puis vous l’assurer : une fois exacerbée, la frustration prend un temps fou à s’apaiser. Alors, faisons l’effort d’expliquer à l’autre la marche à suivre pour la comptabilité, le ménage du printemps, les déclarations fiscales, etc. Et de l’autre côté, soyons curieux et disponible pour apprendre. Si ces tâches ne semblent pas attrayantes pour nous, elles sont tout aussi rebutantes pour l’autre.
 
En ce lundi matin, prenez un instant pour vous assurer que les tâches sont bien réparties dans votre couple. Et juste pour le plaisir, échangez-les. Il n’y a rien de mieux pour comprendre, réaliser et apprécier tout ce que l’autre fait pour nous.
 
Bon lundi et bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne Gagné (Mésange) 

Vous aimerez peut-être:

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...